L’intronisation (1)

Le visage d’Adélaïde était grave, ses yeux verts fixaient un point loin devant elle, semblant traverser le mur du fond de la salle du trône dont les lourdes portes venaient de s’ouvrir. Jamais le pays de Neriac n’avait connu si jeune reine. A 19 ans tout juste Adélaïde de Teneriff devenait souveraine du pays de Neriac. Les trois semaines qui s’étaient écoulées depuis la mort de Philippe de Teneriff, son père, ne lui avait pas laissé le temps de comprendre que son avenir venait de changer, qu’il lui fallait à présent porter sur ses épaules le poids d’un pays à peine ressoudé. Pensait-elle à lui en traversant le grand hall ? Ce père aimant, presque omniprésent, depuis qu’Eleonore lui avait laissé la charge de leurs deux filles, emportée par la grande maladie qui avait dévasté le pays quinze ans auparavant.  Le portrait de Philippe avait été rajouté à ceux de ces ancêtres, « je ne deviendrais pas reine sans le regard de mon père » avait déclaré la future reine, et le ton de sa voix indiquait qu’elle avait déjà pris pleine possession de sa nouvelle charge.

Hommes et femmes de toutes origines étaient venus en nombre, et de toutes les contrées du royaume. On pouvait reconnaître les habitants de la capitale, mieux habillés, préparés depuis longtemps à cette cérémonie. Chacun portait une fleur à son chapeau ou à sa veste, et toutes ces fleurs portées par tout un peuple faisaient sur la montée au palais, comme un parterre multicolore. Chacun espérait en amenant un brin de couleur, chasser l’inquiétude qui montait du fond de la ville. Car la mort de Philippe avait été reçue comme un traumatisme, faisant redouter dans l’instant que la guerre ne revienne. Que pourrait faire une si jeune reine face aux puissantes familles de la cour ? Saurait-elle tenir son rang ? Et maintenir la paix ? Ces questions murmurées montaient dans le ciel, faisant naître une sombre brume matinale au dessus de la ville.  C’était pour contrecarrer cette mauvaise brume qu’Adélaïde avait ordonné à chacun d’amener une fleur fraichement cueillie, et les humeurs des fleurs avaient joué leur rôle, faisant flotter sur la capitale et la cérémonie un air d’insouciance. C’était peut être la première victoire d’Adélaïde, que sa cérémonie d’intronisation  ne soit pas une journée de brume mauvaise.

Sa deuxième victoire était sans conteste la longueur du cortège royal, et les nombreuses personnalités présentes. Les Terres Rouges du sud étaient représentées par le Baron Méhari, visible de loin tant par sa haute stature que par le manteau serti de milles pierres qu’il portait ostensiblement. Il était venu accompagner de son fils ainé, espérant sans nul doute que la reine le remarquerait, car s’était indubitablement un des meilleurs partis de Neriac. Remarquable était également la présence des frères Gixon, aucun des deux n’ayant voulu céder à l’autre l’honneur de la représentation de leur province, ils étaient venus ensemble laissant les frondaisons des grandes forêts de l’Est à leur régisseur. La guerre larvée entre ces deux frères de sang était un des principaux sujets d’inquiétude dont devrait s’occuper la jeune reine dès le début de son règne. Leur présence à la capitale était déjà un signe positif, ils reconnaissaient ainsi la primauté de la famille de Teneriff, ce qui avait été une longue querelle entre Philippe et Alan de Gixon. Heureusement pour Adélaïde, tout le monde s’accordait à dire qu’aucun des frères n’avaient hérités de l’intelligence, ni de la témérité de leur père. Chaque province était représentée par un baron, un comte, une duchesse. Car il ne fallait pas s’y fier de nombreuses personnalités, au pouvoir ou non, n’avaient fait le déplacement que  pour jauger la fille de Philippe, voir si cette Adélaïde était à la hauteur de la réputation qu’on lui prêtait.

Bonjour tout le monde !

Ca y est, j’ai franchi le pas : j’ai créé un blog !! Laissez moi vous expliquer pourquoi avant de rentrer dans le vif. J’ai toujours aimé écrire. Après une ou deux tentatives avortées de livres à l’adolescence, je me contente d’écrire quelques articles pour des newsletters d’association ou sur des réseaux professionnels. Mais l’idée et l’envie d’écrire une « vrai » histoire ne m’a jamais quitté, et je m’y suis remise il y a un peu plus d’un an. Je me suis naturellement tournée vers un style que j’apprécie beaucoup … la fantasy. Bon an, mal an j’ai progressé petit à petit. Aujourd’hui j’ai besoin de deux choses : des avis sur l’histoire / le style et une petite motivation pour continuer. Alors voilà, maintenant je vais devoir ‘poster’ régulièrement, avec un peu de chance j’aurai des lecteurs assidus …. J’espère que mon histoire vous plaira … A bientôt !!